Les cahiers de doléances

Les cahiers de doléances du Finistère sont conservés aux Archives départementales. Ils constituent un témoignage remarquable de la société d’Ancien Régime à la fin du XVIIIème siècle

Le 5 août 1788, Louis XVI annonce la convocation des Etats Généraux, prévus en avril 1789. Chargés de voter de nouvelles ressources financières, et de proposer des réformes, les Etats Généraux sont l’occasion pour les sujets de communiquer avec leur souverain.

La rédaction des cahiers s’effectue en Bretagne à la fin du mois de mars et au début du mois d’avril 1789. Chaque ordre, communauté et corporation rédigent un  « cahier de remontrances, plaintes et doléances ». Si certains constituent de véritables petits livrets de plusieurs pages (exemple : Quimper, Brest), d’autres se résument parfois à une feuille. Pendant les mois qui précèdent la rédaction, il règne une certaine agitation. Le sujet de controverse porte sur le mode de convocation des représentants aux Etats-Généraux.

Pour ou contre une représentation des Etats de Bretagne aux Etats généraux

Les Etats de Bretagne souhaitent que la représentation bretonne aux Etats Généraux soit désignée dans le cadre de leur assemblée provinciale. Le Tiers-état y est défavorable réclamant la même réglementation que pour les autres provinces. En effet, peuvent participer aux Etats de Bretagne tous les nobles de la province, les neuf évêques, un chanoine de chaque cathédrale et les abbés des quarante abbayes. Les délégués des quarante-deux villes de Bretagne sont aussi présents. La décision d’élire des représentants pour les Etats-Généraux par une telle assemblée privilégie donc la noblesse et le haut-clergé car ni le bas-clergé ni le peuple des villes ni les paysans ne sont directement représentés aux Etats de Bretagne.

La décision du Roi

Le 16 mars, par un règlement spécial, le roi tranche en faveur du Tiers-état. Les Bretons pourront désigner 88 représentants et le Tiers obtient une double représentation. Mais la noblesse et le haut-clergé refusent d’élire des députés au nom de la défense de leurs droits. Le nombre de ceux-ci se réduit donc à 66 : 22 pour le bas-clergé qui récupère tous les sièges de l’ordre et 44 pour le Tiers-état.

Elections des délégués et rédaction des cahiers

L’élection se fait dans le cadre des sénéchaussées. Le règlement royal prévoit que les réunions de sénéchaussées aient lieu le 1er avril mais le calendrier de convocation, trop serré, oblige certains sénéchaux à reporter cette date afin de laisser le temps aux paroisses d’organiser leur assemblée. Augustin-Bernard-François Le Goazre de Kervélégan, sénéchal de Quimper convoque l’assemblée de sénéchaussée pour le 16 avril.

 Dans les paroisses rurales, les hommes majeurs (de plus de 25 ans) et contribuables sont invités à se réunir pour rédiger un cahier confié ensuite à des députés qui les représenteront à l’assemblée de sénéchaussée. Certaines villes suivent le même mode d’organisation. Le nombre de députés élus est en principe proportionnel à la population.

Tableau de répartition des délégués

Sénéchaussées

Députés aux assemblées regroupant plusieurs sénéchaussées Députés aux Etats-Généraux
BREST   2
LESNEVEN   2
QUIMPER
CONCARNEAU
16
4
3
CARHAIX
QUIMPERLE
CHATEAULIN
CHATEAUNEUF
GOURIN
8
4
8
4
4
2
LANNION
MORLAIX
26
8
4

Les sénéchaussées

Les paroisses du Finistère dépendent de 11 sénéchaussées décrites ci-dessous. Ces descriptions sont des éléments du dossier pédagogique rédigé par le conseil général du Finistère et le CRBC.

Typologie et composition

La sous-série 10 B des Archives départementales est consacrée aux cahiers de doléances de 1789. Des manques sont à constater, certains cahiers ayant disparu.

Les cahiers de doléances, reproduits et imprimés pour le bicentenaire de la Révolution, ont été numérisés, ainsi que leur transcription.  

Sources complémentaires